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Historique

L’industrie du meuble au pays trouve ses origines au moment de la fondation de la colonie, puisque les premiers arrivants fabriquaient déjà des meubles simples et utiles. Plus tard, les charpentiers locaux se sont mis à fabriquer des meubles pour des clients.

La première entreprise de fabrication de meubles au Canada fut établie en 1930 à Berlin, près de Kitchener, en Ontario. L’industrie s’est développée considérablement au début du 19e siècle surtout dans cette province. On comptait aussi quelques usines au Québec avant 1900, mais l’industrie québécoise a connu son essor essentiellement après la Seconde Guerre mondiale.

 

 

Fondation de l'AFMQ en 1942  

Pourquoi créer une association québécoise, alors que la Canadian Furniture Manufacturers Association existait depuis le début du siècle? Rappelons qu’en 1942, la planète était en pleine guerre mondiale, les prix ainsi que les salaires étaient gelés, et les meilleurs ouvriers étaient recrutés pour la construction de sous-marins et d’avions. L’idée de former une association a germé chez les fabricants de meubles dans le but de conserver la main-d’œuvre. En se regroupant, les fabricants traitaient aussi de relations de travail, du gel des salaires et des prix, ainsi que les problèmes d’approvisionnement en matières premières, dont le bois.

Après la guerre, ce fut le boom : le babyboom, le bungalow boom et le furniture boom! L’effervescence d’après-guerre fut bénéfique pour l’industrie tant et si bien qu’en 1946, l’Association comptait déjà 50 membres! Par contre, les marges de profit demeuraient minces puisque la fabrication de meuble requiert beaucoup de main-d’œuvre... même encore aujourd'hui!

Quant aux meubles de l’époque, ils étaient de style colonial ou traditionnel, de petite taille, mais alliaient le style à la fonction. Notons également que les manufacturiers n’embauchaient pas de designers à cette époque; les meubles étaient des répliques des modèles américains et scandinaves.

 

Les années 50  

Cette époque fut marquée par d’importantes innovations comme la télévision, le 45 tours, le plastique et le caoutchouc, qui allaient changer les habitudes de vie et de consommation. À la fin de cette décennie s’amorçait la production de masse de meubles ainsi que l’utilisation de matériaux de moindre qualité, dont le plastique. C’est aussi le virage vers le design simple dit ‘moderne’, sans incrustations ni volutes comme dans le style traditionnel, et la baisse des prix. L’importation de meubles provenant des États-Unis a alors atteint des proportions alarmantes pour l’industrie québécoise… C’est aussi à cette période que les premiers designers sont formés dans les écoles québécoises.

En 1953, l’AFMQ prend en main sa propre destinée et s’incorpore. Les services aux membres incluaient aussi les conseils juridiques et en relations de travail.

En 1954, l’AFMQ organise un Salon du meuble de 10 jours en janvier au Showmart, sur la rue Berri à Montréal. Ce salon fut une réussite et comprenait notamment une section consacrée aux mobiliers de cuisine en chrome, une nouveauté qui fit sensation.

En 1957, après 15 ans d’existence, l’Association comptait 110 membres, et ses activités étaient principalement liées à la main-d’œuvre et aux relations de travail.

Les années 60  

Les années 60 furent celles de toutes les révolutions - tranquilles et moins tranquilles, tant sur les plans politique, économique et social que culturel, scientifique et artistique.

Les designers italiens se sont démarqués à cette époque, tant dans la mode que dans le meuble. C’était aussi l’ère de la culture pop art, très graphique, qui a contesté les traditions en mettant en vedette des éléments de la culture populaire. Quant aux meubles, ce sont ceux en bois de teck qui étaient de plus en plus prisés.

Le Québec fut marqué à jamais par Expo 67, avec la construction du métro et de la Place Bonaventure, futur lieu du salon du meuble de Montréal! À l’époque, l’AFMQ présente un salon d’ébénisterie et d’équipement appelé Infotech Canada, projet abandonné après deux ans en raison de l’important risque financier qu’il présentait. 

Les années 70  

L’adoption du système métrique a marqué cette époque et bouleversé nos habitudes et nos procédés au Canada. Notons également l’avènement d’innovations technologiques, comme le premier microprocesseur Intel, qui ont changé le monde des affaires.

Au Canada, les décennies 60 et 70 furent les années d’or de l’industrie du meuble alors que plus de 100 000 personnes y travaillent. Rappelons que l’industrie canadienne du meuble est à 97 % de propriété familiale canadienne, des entreprises de petite et moyenne tailles. L’automatisation des années 70 ainsi que la forte hausse de l’inflation sont responsables de la baisse considérable du nombre d’emplois à cette époque.

C’est en 1972 que naît le Salon du meuble de Toronto.

Les années 80  

Ce fut une ère de bouleversements, de frontières repoussées constamment, notamment sous le libéralisme économique de Ronald Reagan, et de l’Accord du Libre Échange entre le Canada et les États-Unis. Dès 1989, la réduction sur les tarifs applicables aux meubles a assuré des années prospères à l’industrie.

C’est aussi le début de l’ère High Tech qui met l’accent sur la science et la technologie à la maison : les ordinateurs arrivent dans nos vies. On voit également apparaître les matériaux industriels dans les décors résidentiels, notamment par l’usage de l’acier et du métal. Le design était alors encore plus minimaliste. 

Les années 90  

Après l’ordinateur personnel, Internet révolutionne les années 90. Même les designers utilisaient la technologie ainsi que de nouveaux matériaux pour créer. Frank Lloyd Wright a changé notre mode de vie à la maison en ouvrant nos espaces de vie et en créant le concept d’aires ouvertes.

En 1998, l’AFMQ offre davantage de services à ses membres et les incitent à se regrouper pour mieux gérer les dossiers, de santé et sécurité du travail. Puis en 1999, le groupement d’assurances de l’AFMQ permet aux fabricants de meubles québécois de profiter d’un programme adapté à leurs besoins et de réaliser d’importantes économies.

Le 21e siècle  

Aux quatre coins du monde, la téléphonie sans fil et les réseaux sociaux s’emparent de notre quotidien et redéfinissent notre vision du monde, notre façon d’interagir et surtout nos habitudes de consommation et notre approche de commercialisation. L’AFMQ et le Salon canadien du meuble ne font pas exception à ces phénomènes sociaux et ont aussi emboîté le pas dans cette direction.

Depuis 2002, l’industrie a subi la pression de divers facteurs dont la hausse du dollar canadien, la percée des produits provenant des pays asiatiques, à faibles coûts de production, sans oublier la crise économique et financière de 2008-2009, qui ont eu un effet considérables sur les livraisons et les exportations. Depuis, il demeure difficile pour l’industrie canadienne de concurrencer avec les autres pays en raison notamment de ses coûts élevés de main-d’œuvre; les concurrents américains, des entreprises de plus grande taille, bénéficient d’une énorme capacité de production et peuvent générer des économies d’échelle. La reprise lente et faible, force l’industrie québécoise du meuble à développer son agilité, à rester à l’affût des occasions et à toujours mieux contrôler sa structure de coûts afin d’accroître sa compétitivité. Nos entrepreneurs arrivent à bien s’en sortir grâce à leur passion, leur dynamisme et leur créativité.

En 2010, c’est le lancement de la campagne Meubles Qualité Canada qui fait la promotion des meubles fabriqués au Canada, du savoir-faire et du leadership de nos fabricants, par le biais d’une campagne et d’un site internet qui attire environ 250 000 visiteurs uniques annuellement.

Quant aux meubles, le style contemporain des années 2000 combine les influences, les tendances et les nouvelles technologies des quatre coins du globe, sans adhésion stricte à une seule philosophie du design. Les tendances actuelles comprennent un mélange des styles, des textures, des matériaux et des époques, sans oublier le retour aux sources allié à la modernité.